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Accessibilité numérique : un an après la loi du 28 juin 2025, où en sont les entreprises ?

Femme âgée utilisant un ordinateur portable à domicile

Accessibilité numérique : un an après la loi du 28 juin 2025, où en sont les entreprises ?

Un an s'est écoulé depuis l'entrée en vigueur de la directive européenne élargissant les obligations d'accessibilité numérique aux entreprises privées françaises. Les premières missions d'audit sont terminées, les premières déclarations d'accessibilité publiées et les premières sanctions prononcées. Le tableau est contrasté : des progrès réels chez les entreprises qui ont anticipé, des chantiers encore très ouverts chez celles qui ont sous-estimé l'ampleur du travail. IT Link dresse le bilan de ce que ses équipes ont observé sur le terrain cette année.

Ce que cette première année a vraiment révélé

Depuis le 28 juin 2025, le Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité (RGAA) a vu son périmètre d'application largement élargi, bien au-delà du secteur public auquel il s'appliquait jusque-là. Désormais, toute entreprise française dont le chiffre d'affaires dépasse 2 millions d'euros, ou qui compte plus de 10 salariés, est concernée par cette obligation d'accessibilité numérique. Les entreprises concernées sont nombreuses : e-commerce, services bancaires en ligne, plateformes de transport, applications mobiles, etc. Toutes proposent des produits et services numériques entrés dans le champ de cette directive et doivent rendre leurs sites web et interfaces accessibles à l'ensemble de leurs utilisateurs.

Un an après son entrée en vigueur, le paysage est loin d'être homogène ! Certaines entreprises françaises avaient anticipé l'obligation de juin 2025 : audit lancé dès 2024, accessibilité numérique intégrée aux spécifications, équipes formées aux exigences du RGAA. Leur déclaration d'accessibilité est aujourd'hui publiée, leur plan d'actions annuel en cours d'exécution et la mise en conformité fonctionne désormais en mode amélioration continue. Chaque nouveau contenu mis en ligne reste conforme aux critères applicables, ce qui garantit une accessibilité durable plutôt qu'un état figé à un instant donné.

D'autres entreprises ont réagi à l'échéance plutôt que de l'anticiper. Un audit commandé dans l'urgence au printemps 2025 a révélé l'étendue réelle de leur dette technique et la feuille de route produite a été gelée pendant plusieurs mois pour absorber les correctifs. Leurs sites web sont aujourd'hui partiellement conformes, leurs applications mobiles souvent encore en cours de traitement. Pour ces entreprises, le changement le plus net concerne la manière de concevoir un nouveau service numérique : l'accessibilité fait désormais partie du cahier des charges dès le départ, et non plus d'une liste de corrections envisagées après coup.

Un troisième groupe n'a encore entrepris aucune action concrète depuis juin 2025. Le risque de sanction, amende administrative et astreintes, pèse désormais dans les arbitrages budgétaires. C'est souvent la perspective d'un contrôle, plus que la conviction, qui déclenchera le mouvement vers une mise en accessibilité sérieuse de leurs sites internet.

Un chiffre éclaire l'enjeu : en France, plus de 14,5 millions de personnes vivent avec un handicap, soit 28 % de la population adulte ; 80 % de ces situations de handicap sont invisibles. Rendre un service numérique accessible concerne donc un public bien plus large que ce que les équipes imaginent en général. Un site accessible ou une application mobile conforme, c'est aussi un service plus utilisable pour les personnes âgées, les utilisateurs sur mobile en situation difficile ou ceux qui naviguent sans souris.

Pourquoi tant d'entreprises françaises accusent encore un retard depuis la loi de juin 2025?

Les blocages constatés cette année ne tiennent pas à la mauvaise volonté des équipes. Ils tiennent à la nature même du problème, et au fait que l'accessibilité numérique a longtemps été perçue comme une option, jamais comme une obligation d'accessibilité à part entière.

La mise en accessibilité a posteriori d'une interface existante coûte structurellement plus cher qu'une conception native. Les frameworks modernes ont généré des années de dette sémantique : code surchargé de balises génériques, composants interactifs non focalisables au clavier, alternatives textuelles absentes ou inexploitables par les technologies d'assistance. Identifier ces problèmes après coup revient parfois à retravailler les fondations plutôt que la façade. Les entreprises françaises qui découvrent ce chantier en 2026 mesurent l'écart entre la conformité théorique qu'elles imaginaient et la réalité technique de leurs sites web et de leurs sites internet.

À cette dette technique s'ajoute un problème d'organisation. L'accessibilité numérique touche simultanément les designers, les développeurs, les chefs de projet, les rédacteurs de contenu et les responsables des achats de composants tiers. Quand la responsabilité n'est assignée à personne, le sujet n'avance pas, et ce, quel que soit le secteur, public ou privé.

« L'accessibilité numérique n'est pas un défi technique, c'est un enjeu de pilotage », observe David Hervé, directeur développement Solutions chez IT Link et responsable du pôle accessibilité numérique. « Le designer pense que c'est au développeur de gérer, le développeur pense que le design est déjà validé et le chef de projet découvre le problème au moment de l'audit». Ce schéma, les équipes IT Link l'ont retrouvé dans la grande majorité des missions menées depuis 10 ans, avant même la proclamation de la loi du 25 juin 2025, aussi bien chez des acteurs du e-commerce que dans des organismes proposant des services en ligne plus traditionnels.

Les documents PDF et les modules tiers constituent un autre point d'angle mort, souvent découvert tardivement. L'obligation d'accessibilité s'étend également aux documents téléchargeables et aux composants intégrés sur les plateformes, comme les solutions de paiement électronique, les outils de cartographie ou les widgets de chat. La responsabilité juridique de la non-conformité d'un composant tiers incombe entièrement à l'éditeur du site principal. Beaucoup d'entreprises françaises l'ont découvert lors de leurs premiers audits, en réalisant que leur service numérique reposait sur des briques tierces non conformes dont elles ignoraient l'état.

Et puis il y a la question des outils. Les solutions automatisées ne détectent qu'environ 30 % des non-conformités réelles ; les 70 % restants nécessitent une analyse manuelle experte, avec des tests sous lecteur d'écran et en navigation au clavier. Beaucoup se sont tenus aux seuls outils automatiques et ont publié une déclaration d'accessibilité qui ne reflète pas fidèlement l'état réel de leurs interfaces et de leurs sites.

Ce qui distingue les entreprises qui ont avancé

Face à un grand volume de non-conformités, toutes les entreprises ne partent pas du même pied d'égalité face à cette obligation. Mais un point commun se dégage chez celles qui ont transformé l'exigence réglementaire en chantier maîtrisé : elles n'ont pas traité chaque critère du RGAA à égalité.

La priorisation s'est faite sur l'impact réel pour l'utilisateur, pas sur la simple facilité de correction. Un bouton non focalisable au clavier sur le tunnel d'achat d'un site e-commerce ou un formulaire de contact illisible pour un lecteur d'écran, ont été traités avant des ajustements cosmétiques de contraste sur des pages secondaires. Cette logique a permis de débloquer rapidement les parcours critiques, sans attendre une accessibilité totale pour livrer les premiers correctifs concrets.

« La plupart des entreprises veulent une conformité à 100 % avant de livrer quoi que ce soit, explique David Hervé. C'est exactement l'inverse qu'il faut faire. Mieux vaut corriger les dix points qui empêchent réellement un utilisateur d'aller au bout d'un parcours et avancer sur le reste au fil des sprints. » Un exemple revient souvent : un texte alternatif manquant sur une image de validation de paiement, simple à corriger, peut bloquer un achat entier pour un utilisateur de lecteur d'écran.

Les entreprises qui progressent ont aussi changé la place de l'accessibilité numérique dans leur cycle de développement. Un test au clavier ou sous lecteur d'écran fait désormais partie de la validation d'une fonctionnalité, au même titre qu'un test de non-régression. Cela évite l'effet d'accumulation : chaque nouvelle fonctionnalité reste accessible et conforme dès sa livraison, plutôt que de venir grossir une liste de correctifs à traiter plus tard. Plusieurs d'entre elles ont aussi profité de ce chantier pour structurer leur Design System et leur charte de bonnes pratiques d'accessibilité : un composant rendu accessible une fois, puis réutilisé sur l'ensemble des sites web et applications mobiles d'une même marque, évite de refaire le même travail à chaque nouveau projet. Le bénéfice dépasse la seule conformité réglementaire : un code plus sémantique et mieux structuré se charge généralement plus vite et profite d'un meilleur référencement, en France comme à l'international.

Pour structurer cette démarche, IT Link propose un accompagnement dédié à l'accessibilité de vos sites et applications, dans le cadre de notre offre de Conseil en transformation digitale. Contactez-nous !

Ce qu'IT Link observe sur ses projets d'accessibilité

Un pattern revient dans la quasi-totalité des audits menés cette année : l'écart entre l'accessibilité perçue et l'accessibilité réelle. Les équipes qui pilotent un site web ou une application au quotidien ont une vision fragmentée de son accessibilité, construite à partir de quelques contrôles automatisés ponctuels. Un audit complet, qui ajoute la validation manuelle au clavier et sous lecteur d'écran, révèle presque toujours des non-conformités bloquantes sur des parcours que personne n'avait identifiés comme problématiques.

Ce décalage tient à la nature même des outils automatisés : ils détectent les erreurs de balisage, de contraste ou d'attribut, mais ne peuvent pas évaluer si un parcours reste réellement utilisable une fois la souris écartée. Cette limite explique pourquoi tant d'entreprises se sont déclarées conformes sur la base d'un score automatisé, avant de découvrir, lors d'un contrôle ou d'un audit plus poussé, que la réalité de leur site était bien différente.

Les non-conformités les plus bloquantes ne se trouvent pas toujours sur les pages les plus visibles. Une page d'accueil ou une fiche produit, déjà retravaillées plusieurs fois, sont souvent dans un état correct. Ce sont les parcours secondaires, peu touchés depuis leur mise en ligne, qui concentrent les écarts les plus lourds : espace client, tunnel de paiement ancien, page de gestion de compte. Cela change la façon de prioriser un audit, car ces zones sont rarement signalées comme prioritaires.

Un an après, la trajectoire reste à écrire

Juin 2026 marque la fin de la période de grâce tacite. Les entreprises françaises qui n'ont pas encore engagé leur mise en accessibilité s'exposent à des sanctions réelles, mais surtout à un retard qui se creuse à chaque nouvelle fonctionnalité déployée sans ces contraintes. Celles qui ont anticipé récoltent déjà les bénéfices : des services numériques plus solides, un meilleur référencement, une expérience accessible à une audience élargie, en France comme ailleurs en Europe. La directive européenne a posé le cadre, le RGAA en détaille les critères. Ce qui se joue maintenant, c'est la capacité des entreprises à inscrire l'accessibilité numérique dans leur fonctionnement quotidien et non à la traiter comme un projet ponctuel.

Vos équipes ont besoin d'un audit, d'une formation ou d'un accompagnement sur la durée ? Les experts IT Link sont disponibles pour définir les prochaines étapes concrètes avec vous. Prenez rendez-vous avez un expert.

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